FOCAL CHORUS 716V contre FOCAL CHORUS 816V
Nous voici donc en présence de deux colonnes, les CHORUS 716V et 816V, qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau, qui portent le même nom, mais qui ont un prix et des ambitions sonores différentes. Une différence de taille, cependant, distingue les deux enceintes : la 816V possède un double évent, dont un dirigé vers le sol sur un pied en fonte qui ajoute de la masse à l'enceinte et la surélève un peu par rapport à sa cousine 716V.
Nous avons écouté ces deux enceintes avec un ensemble ROTEL un peu méconnu, le lecteur RCD1062 et l'ampli intégré RA1062. Pour les SACD, le RCD1062 est remplacé par le remarquable MARANTZ SA7001 qui vient de remporter le prix EISA 2006-2007 du meilleur lecteur audio européen. Respect...
John Surman : Portrait of a Romantic.

Sur la 816V, la flûte remplit l'espace. On entend les clefs qui claquent sous les doigts de John Surman. Le piano électrique s'intègre à l'orchestre d'une façon évidente. Alors que l'arrivée du Saxophone baryton est un soulagement avec la 716V, elle est toute naturelle, sans rupture avec la 816V.
Purcell : O Solitude, Alfred Deller.

Sur la 716V, la basse de viole accuse une certaine lourdeur, et l'orgue semble tout léger. Au contraire, sur la 816V, la basse de viole se fait alerte, lutine. La voix est plus dynamique, et jamais la basse n'écrase la voix comme sur la 716V.
Rachmaninov : Concerto n°2 Opus 18 pour piano et orchestre,
Evgeni Kissin. 
Sur la 716V, le piano est imposant, plus grand que nature, et l'orchestre est une vraie machine de guerre. Sur la 816V, le piano vient de loin, avec beaucoup d'espace et d'effet d'ambiance. On ne dénote aucune brutalité dans les forte d'orchestre. L'image est large, jamais compressée (merci aux électroniques ROTEL) toujours aérée.
Susheela Raman : Mahima. 
Sur la 716V, la basse est confuse, elle déborde et étouffe la voix. Toute la torpeur de l'Inde transparaît dans ce morceau d'où seuls le tabla et les percussions émergent. Sur la 816V, les premières notes de percussions sont riches en micro-détails. La basse gagne en fermeté ce qu'elle perd en rondeur, la voix est plus libre et plus riche. Chaque note fourmille de petits détails.
Herbie Hancock : Chameleon.

Sur cet enregistrement d'une sécheresse extrême, la 716V se montre très dynamique. Les impulsions sont très réalistes et on remarque une bonne séparation entre saxophone et claviers lorsqu'ils jouent à l'unisson.
Sur la 816V, le souffle de cet enregistrement ancien est plus audible. Chaque son est plus nuancé. La rigueur du grave dégage beaucoup de détails sur les aigus des cymbales. On entend mieux la réverb sur les passages saxophone + claviers. A fort niveau, le grave ferme et défini me fait vibrer, au sens propre.
Chorale: De tout côté que je me tourne.
La 816V est superbe dans l'exercice de séparer les voix de femmes et d'hommes. L'image est large et profonde, les voix solistes possèdent un grain magnifique. Sur la 716V, les voix sont assombries, l'image est plus étroite et il existe plus de confusion dans le choeur. La voix de femme soliste paraît plus agée.
NoJazz : Candela. 
Sur la 816V, la basse samplée est aussi limpide que possible. Les percussions électroniques sont sèches et métalliques à souhait, mais les vraies cymbales ont de la consistance et de la durée. L'omniprésence d'une basse obsédante n'apporte jamais de confusion.
Sur la 716V, les sonorités sont plus sombres. La basse recouvre la trompette bouchée et gomme les détails. Il y a moins de dynamique, malgré des sonorités plus dures. Les plans sonores sont simplifiés en largeur, et surtout en profondeur.
En conclusion : la CHORUS 716V est une enceinte qui a tout pour remplir parfaitement son contrat, devenir la colonne la plus vendue en France dans sa gamme de prix. Mais la bonne affaire, pour qui aura la curiosité de l'écouter est la 816V. Pour une différence de prix somme toute assez raisonnable, il est incontestable qu'elle en donne beaucoup plus.